Le sport et moi, une histoire d’amour, une histoire depuis toujours? Je ne dirais pas cela. D’aussi loin que je m’en souvienne, je n’ai pratiqué du sport (et non pas un sport puisque rien de précis ne me revient en mémoire) que dans un contexte scolaire. Il n’empêche, je développai une passion sans limite pour le tennis à l’approche de mes 15 ans. L’enseignement belge connut alors un mouvement de grève sans précédent. Nous, étudiants, furent contraints de rester chez nous pendant plusieurs semaines. En réalité près de 3 mois. La télévision devint notre meilleure amie et la diffusion de Roland Garros une passion. Du jour au lendemain une idole était née dans mon coeur: le bel et rebel André Agassi. Ah André… Ses tenues délavées et colorées, ses cheveux longs, son attitude rock ‘n roll. Il devint primordial pour moi de ne rater aucune de ses apparitions sur les cours.

Le sport et moi
Andre Agassi

Ces grèves prolongées m’ouvrirent les portes d’un univers qui m’était jusqu’alors inconnu. Très vite je m’abonnai non pas à un mais bien à deux magazines spécialisés et les affiches de joueurs ornèrent les murs de ma chambre. Mon éveil sportif mental était entamé. Allais-je pour autant passer à l’étape suivante et passer à l’action ? Pas si vite ! Il fallut encore attendre près de 18 mois pour que je ne touche ma première raquette. Je pris des cours de tennis à une cadence somme toute très pépère au cours de stages intensifs lors des vacances scolaires.

Le temps passant, les vacances scolaires s’évanouirent dans la nature et j’entamai une migration annuelle printanière vers les cours de tennis. Trois mois par an je perfectionnais ma technique. Mes bases étant excellentes, cela me permettais d’être intégrée dans des groupes de niveau intermédiaire et de m’amuser. Par contre je n’ai que très rarement franchi le cap de jouer avec des ami(e)s en dehors de ces heures de cours.

Bref, pour en revenir à nos moutons, le sport et moi. Je viens de relater mon éveil sportif. Au fil des ans j’ai vaguement pratiqué le squash, travaillé en salle de fitness ou participé à des cours collectifs épuisants pour, plus récemment, découvrir la marche nordique en forêt. Un autre sport me parle également, il s’agit du ski que je pratique de manière très aléatoire et épisodique. Mon style unique pourrait être décrit comme fluide et assuré! Je suis très attentive au planter du bâton et à l’alignement de mes skis. Tellement attentive en fait que je “dévale” les pentes sous le regard admiratif (c’est cela oui!!) de mes enfants qui me dépassent allègrement!

Le sport et moi
A l’aise sur mes skis…

Il existe cependant une constante dans ma vie de grande sportive : j’ai toujours adoré marcher. La marche est apaisante, elle se pratique dans tout environnement, que ce soit en pleine ville, en montagne ou en forêt. Aucun équipement n’est nécessaire, elle est l’un des sports les plus démocratiques, nul entraînement n’est requis et elle permet d’admirer les paysages et curiosités qui s’offrent à notre regard. De plus, elle se pratique seul(e) ou accompagné(e). Etre seul permet de se perdre dans ses pensées, accompagné de refaire le monde.

Voici donc en quelques lignes mon parcours sportif résumé.

Cette vie d’intense activité est pimentée par les Jeux Olympiques tous les deux ans. Qu’ils soient d’été ou d’hiver, ils sont l’occasion de vibrer pour des athlètes et surtout des sports dont je n’avais jamais entendu parler auparavant et qui, pour moi, hiberneront durant les quatre années à venir.

En hiver, des noms improbables viennent titiller notre imagination : le skeleton (un homme déguisé en squelette dévalant les pistes), le curling (une compétition réservée aux athlètes aux cheveux longs consistant à proposer les plus belles boucles tout en patinant), le combiné nordique (le ski tout en téléphonant, compétence vitale pour bien vivre dans son temps) ou encore le bobsleigh (euh, Bob, c’est laid cette figure).

Curieusement on se surprend à passer des heures à écouter les commentaires avérés (ou aberrants) des journalistes sportifs qui, pour certains, n’avaient eux aussi jamais entendu parler des disciplines qu’ils commentent. Il devient essentiel de connaître le nombre de médailles de tel ou tel pays, de pouvoir préciser à son conjoint que tel sportif n’a pas bien réalisé son triple axel, que celui-ci a perdu 6 centièmes de secondes au démarrage par rapport au premier du classement temporaire. Essentiel également de suivre les pérégrinations de l’équipe jamaïcaine en bobsleigh et de découvrir que Monaco représente un pays, une entité à part entière aux JO.

Ensuite il me faut bien deux ans pour m’en remettre et être d’aplomb pour dépenser la même énergie à suivre les JO d’été !

Le sport et moi
La marche en montagne, un sport fait pour moi…